Il ne peut pas imaginer l’enfant. Il cherche à le revoir, mais ne peut pas l’imaginer.
C’est le mystère que tente d’explorer ce texte, cette suite de notes écrites sur quinze années, ce long poème fragmenté : l’enfant, ce qu’il en reste présent à notre esprit, oublié aussi bien, agissant dans l’ombre de notre vie et de notre conscience.
Ils ne sont pas l’enfant mais n’arrêtent pas d’en parler.
Il ne s’agit pas ici d’un énième discours sur l’enfant mais d’une évocation, d’une convocation émue. Que l’enfant, enfin apparaisse, et sa puissance sourde en nous.
L’enfant, le mot revient, blanc de savoir, d’angoisse, de certitude enfon-cée.
Mais il s’agit aussi de plonger dans les terreurs qui l’agitent, les angoisses, l’incompréhension, le monde opaque et inquiétant tout autour. Avec, au centre comme à la périphérie, partout, la figure incompréhensible, aimante et tutélaire, menaçante et opaque de la mère.
Raymond Bellour est critique de cinéma et membre du comité de rédaction de Trafic ; il a publié récemment aux éditions P.O.L : Le Corps du cinéma (2009), La Querelle des dispositifs (2012).